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La Côte d’Ivoire vient de lever 450 milliards FCFA, dépassant son objectif initial de 400 milliards. Cette opération, présentée comme un succès sur le marché financier de l’UEMOA, soulève néanmoins des questions cruciales : s’agit-il d’une véritable réussite ou d’un piège de l’endettement ? En effet, ce refinancement de la dette pourrait fragiliser les finances publiques à moyen terme si la croissance économique ne suit pas.

Une fuite en avant ?

Officiellement, cette levée de fonds permet de réduire la pression sur les finances publiques en allongeant les échéances des remboursements. En pratique, il s’agit d’un refinancement de la dette, où l’on contracte un nouvel emprunt pour payer l’ancien. Ce mécanisme, appelé roulement de la dette, peut fonctionner à court terme mais comporte des risques élevés sur le long terme.

Deux nouvelles obligations ont été émises :

  • TPCI 5,90% 2025-2030 : une maturité de 5 ans, avec un taux d’intérêt de 5,90%, pour un montant de 240 milliards de FCFA.
  • TPCI 6% 2025-2032 : une maturité de 7 ans, avec un taux nominal de 6%, pour 160 milliards de FCFA.

Un risque d’endettement excessif

Cette levée de fonds n’est pas un cas isolé. En décembre 2024, la Côte d’Ivoire avait déjà levé 774 millions de dollars sur le marché régional. La dette publique continue d’augmenter, atteignant des niveaux préoccupants. L’endettement peut être justifié s’il finance des projets structurants, capables de générer des revenus. Or, dans ce cas précis, l’argent levé ne sert qu’à rembourser des créances existantes, sans création de richesse supplémentaire.

Les dangers de cette stratégie

  1. Un endettement croissant : En renouvelant sans cesse ses obligations, la Côte d’Ivoire reporte le problème au lieu de le résoudre.
  2. Une dépendance aux marchés financiers : Plus le pays emprunte, plus il devient vulnérable aux fluctuations des taux d’intérêt.
  3. Un risque de surendettement : Si les recettes publiques stagnent, le remboursement de la dette deviendra de plus en plus difficile.

Quelles alternatives ?

Pour éviter une spirale infernale, la Côte d’Ivoire doit explorer d’autres options :

  • Attractivité des investissements étrangers directs (IED) : Attirer davantage d’investisseurs pour diversifier les sources de financement.
  • Rationalisation des dépenses publiques : Limiter le recours aux emprunts en optimisant les budgets.
  • Amélioration de la fiscalité : Accroître les recettes de l’État grâce à une meilleure collecte des impôts.

Sources :

Images et légendes

(Ajoutez des images pertinentes avec des descriptions ALT optimisées. Exemple 🙂

  • Image 1 : Graphique illustrant l’évolution de la dette publique de la Côte d’Ivoire.
    Description ALT : « Évolution de la dette publique de la Côte d’Ivoire entre 2020 et 2024. »
  • Image 2 : Photo symbolisant l’économie ivoirienne (par exemple, un bâtiment gouvernemental ou une usine).
    Description ALT : « Symbolisme de la gestion économique en Côte d’Ivoire. »

Si cette levée de fonds de 450 milliards FCFA est techniquement un succès, elle repose sur une stratégie risquée. La Côte d’Ivoire joue avec le feu : tant que la croissance économique est au rendez-vous, la machine continue de tourner. Mais au moindre ralentissement, la dette pourrait devenir un fardeau insoutenable. Il est urgent de trouver des alternatives pour éviter de tomber dans le piège d’une dette incontrôlable.